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Sujet : Peut-on admettre l'idée d'un droit à la révolte ?

Définitions des termes :
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • admettre : Accepter, donner son assentiment, reconnaître.
  • idée : Parfois synonyme de représentation mentale, parfois de concept (idée générale et abstraite); dans le platonisme, et avec un I majuscule, les Idées sont les modèles des choses, existant en soi, que l'âme contemplait avant son incarnation. Nous fabriquons les concepts, nous contemplons les Idées.
  • droit : a° Un droit: liberté d'accomplir une action (droit de vote); possibilité d'y prétendre ou de l'exiger (droit au travail, droit de grève). b° Le droit: ce qui est légitime ou légal, ce qui devrait être, opposé au fait, ce qui est. c° Ce qui est permis par des règles non écrites (droit naturel) ou par des règles dûment codifiées (droit positif). Le droit positif est l'ensemble des règles qui régissent les rapports entre les hommes dans une société donnée. Le droit naturel est l'ensemble des prérogatives que tout homme est en droit de revendiquer, du fait même de son appartenance à l'espèce humaine (droit au respect).
  • révolte : Soulèvement de la conscience et attitude de refus devant une contrainte. Principe actif d'énergie.

Extrait du corrigé :

DROIT (lat. directus, droit, conforme à une règle)

Gén. Le sens de l'adjectif latin directus, sans courbe, indique d'emblée que le droit est institué pour se conformer à une règle, voire rectifier, corriger les relations entre les hommes. Ainsi, le droit qui dit ce qui doit être s'oppose d'abord au fait (ce qui est). Il est dans l'essence du droit de s'instituer contre le fait.
Droit positif. Le droit positif est l'ensemble des règles définissant ce qui est légal, permis, et illégal, interdit, dans une société donnée. L'institution du droit positif signale la disjonction de la puissance matérielle (capacité de faire) et du pouvoir formel (droit de faire) ; nul n'est autorisé à faire tout ce qu'il peut faire : nul ne peut tout ce qu'il peut.
Droit naturel. Le droit en tant qu'il est simplement positif (posé, établi comme convention) est lui-même un fait de culture. Ainsi, les hommes n'auraient pas tous les mêmes droits. Ce qui est ici illégal serait ailleurs permis. Or, n'existe-t-il pas un droit supérieur à toute convention positive qui résulte de la nature de l'homme ? On appelle, en effet, droit naturel non pas le droit existant naturellement, mais le droit qui met en évidence la vraie nature du droit : énoncer ce qui doit être pour tous les hommes, autrement dit corriger le fait aussi bien culturel que naturel. Ce droit idéal signale la disjonction toujours possible entre ce qui est légal et ce qui est légitime. Une loi n'est pas forcément juste ; elle ne l'est qu'en rendant légal ce qui est légitime et illégal ce qui est illégitime. Est légitime « ce que tout homme peut faire également » quelles que soient ses particularités naturelles (force, sexe) et culturelles (nationalité, religion). Par droit naturel, il faut donc entendre droit rationnel : l'identité des droits est fondée sur une identité ontologique des hommes (tous les hommes ont la faculté de penser) et non sur une identité naturelle ou culturelle. Ainsi, on peut opposer la conception universaliste du droit naturel ou rationnel aux conceptions naturalistes et culturalistes des racistes. Voir égalité.



PEUT-ON : Ce genre de sujet interroge sur la capacité, la faculté, la possibilité de faire ou de ne pas faire quelque chose, d'être ou de ne pas être. Il faudra distinguer la possibilité technique et la possibilité morale.

Peut-on admettre l'idée d'un droit à la révolte ?

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Définitions

  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • admettre : Accepter, donner son assentiment, reconnaître.
  • idée : Parfois synonyme de représentation mentale, parfois de concept (idée générale et abstraite); dans le platonisme, et avec un I majuscule, les Idées sont les modèles des choses, existant en soi, que l'âme contemplait avant son incarnation. Nous fabriquons les concepts, nous contemplons les Idées.
  • droit : a° Un droit: liberté d'accomplir une action (droit de vote); possibilité d'y prétendre ou de l'exiger (droit au travail, droit de grève). b° Le droit: ce qui est légitime ou légal, ce qui devrait être, opposé au fait, ce qui est. c° Ce qui est permis par des règles non écrites (droit naturel) ou par des règles dûment codifiées (droit positif). Le droit positif est l'ensemble des règles qui régissent les rapports entre les hommes dans une société donnée. Le droit naturel est l'ensemble des prérogatives que tout homme est en droit de revendiquer, du fait même de son appartenance à l'espèce humaine (droit au respect).
  • révolte : Soulèvement de la conscience et attitude de refus devant une contrainte. Principe actif d'énergie.

Problématique

Bien définir les termes du sujet :

- « Peut-on » : désigne la possibilité de faire ou d'accomplir quelque chose.
- « Admettre » : c'est laisser la possibilité d'exister à... supporter, souffrir l'existence de…
- « Idée » : il ne s'agit pas ici d'admettre l'existence de, mais seulement l'existence de l'idée de…, c'est-à-dire la représentation abstraite de ce droit à la révolte.
- « Droit à la révolte » : il faut ici garder l'expression dans son ensemble, car il ne s'agit pas que d'un droit, mais d'un droit à : c'est le pouvoir moral de faire ce qui est conforme à une règle précise. Le droit à la révolte est différent du droit de révolte, puisque ce dernier implique l'existence d'une règle selon laquelle nous serions autorisés à nous révolter, alors que le droit à la révolte pose seulement la question de savoir si cela est permis. La révolte – différente de la révolution – est une rébellion, un soulèvement contre l'autorité établie, un refus d'obéissance, une opposition à une autorité quelconque. 

Construction de la problématique :

    La révolte n'est donc possible que s'il existe une communauté des hommes et une autorité contre laquelle se soulever, c'est-à-dire que s'il existe un Etat. La formulation du sujet est prudente quant à ce droit de révolte : elle n'affirme pas l'existence d'un tel droit qu'il faudrait retrouver et justifier, et ne demande pas s'il est légitime. Elle pose simplement la question de savoir si sa seule existence est envisageable.
    S'il en est ainsi, c'est parce que le droit à la révolte semble contradictoire et peut être dangereux. En effet, comment un Etat pourrait-il comprendre en lui-même la condition de sa destruction ? Et comment les hommes pourraient-ils vouloir détruire ce qu'ils ont créé ? Ceci sans compter qu'un droit à la révolte mal utilisé ou mal compris pourrait menacer l'ordre politique et le mener au chaos.

Citations

  • SCHOPENHAUER: "La résignation est comme une terre reçue en héritage, qui met pour toujours l'heureux possesseur à l'abri des soucis."
  • CAMUS: "La eévolte prouve par là qu'elle est le mouvement même de la vie et qu'on ne peut la nier sans renoncer à vivre."


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