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Sujet : Le dialogue exclut-il toute violence ?

Définitions des termes :
  • dialogue : Chez Platon, forme de recherche philosophique de la vérité. Dans la pensée contemporaine, communication des consciences. En politique, effort de conciliation par la discussion. Dans tous les cas, respect de l'autre.
  • tout : La totalité sans exception.
  • violence : Du latin violentia, "abus de la force". A l'origine, le terme désigne le fait "d'agir sur quelqu'un ou de le faire agir contre sa volonté, en employant la force ou l'intimidation.

Extrait du corrigé : Le plus souvent, ce à quoi on assiste, c'est que le dialogue se transforme en négociation, et l'accord auquel on arrive, ce n'est jamais qu'un compromis, ce qui n'est pas un accord. En effet, un compromis consiste toujours en ce que chacune des deux parties renonce à un peu de ses exigences, en rabatte. Le compromis, c'est le plus souvent, le moyen terme, qui ne satisfait personne pleinement et qui relance le conflit à plus ou moins longue échéance, plutôt qu'il ne l'apaise. Plutôt que un accord, c'est un désaccord encore plus radical qui en sort. On pourrait parler d'un faux accord en ce cas. Ce à quoi il faut donc s'efforcer, ce vers quoi il faut tendre dans un dialogue, c'est à une réelle conversion de l'interlocuteur, qu'il adopte à l'issue du dialogue mon opinion à moi, et qu'il en soit convaincu aussi fermement qu'il l'était de son opinion à lui au début du dialogue. En ce sens, le seul véritable accord auquel on arrive par un dialogue, c'est de faire changer d'opinion à son interlocuteur. Pour cela, le meilleur moyen, ce n'est pas d'avoir raison, mais de bien parler. En effet, cet accord-là n'est jamais obtenu que par des artifices de rhétorique: il s'agit d'être persuasif, plutôt que d'être dans le vrai. A la différence de convaincre, où je m'adresse à la raison de mon interlocuteur, lorsque je veux le persuader, je m'adresse à ses passions, je l'attaque par ses points faibles (s'il est ambitieux, je lui montre tout ce qu'il peut gagner à adopter mon point de vue, s'il est obstiné, je commence par faire semblant d'être d'accord avec lui pour l'amener progressivement à rallier mon point de vue.

Le dialogue exclut-il toute violence ?

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