La volonté n'est-elle rien de plus que la force de nos sentiments et de nos idées ?
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  • Sujet : La volonté n'est-elle rien de plus que la force de nos sentiments et de nos idées ?
  • Concepts : La - volonte - n'est-elle - rien - de - plus - que - la - force - de - nos - sentiments - et - de - nos - idees - - 4081 -
  • Extrait du corrigé : À la différence du désir, qui est une inclination ou un penchant subi, la volonté est un principe actif par lequel l'homme affirme sa capacité à se détacher de ses désirs et pose ainsi sa liberté.Le développement de la psychologie a eu cet avantage de provoquer en partie le rajeunissement de ce que la philosophie traditionnelle nommait le problème de la liberté. En effet, au lieu de se tenir sur le plan des abstractions et des questions formelles, l'étude de la liberté, dès qu'on la place en termes psychologiques, se retrouve sur le plan de l'acte libre, étudié dans un contexte à la fois humain et réel : et ce n'est alors rien d'autre que l'analyse de la volonté concrète. Or, les psychologues, qui se sont essayés à cette analyse, ont été frappés de l'importance qu'il fallait accorder au contenu mental tout entier pour décrire le mécanisme de l'acte volontaire. Aussi en ont-ils souvent conclu que la volonté ne constituait pas une fonction séparée et, pour ainsi dire, un empire dans un empire. En ce sens, et par un curieux euphémisme, on a même désigné par " liberté psychologique » un système de déterminations où l'on ne retrouve guère qu'un jeu de tendances, finalement exprimé par la force de nos représentations.Pourtant il y a peut-être bien de la différence entre mobiles et motifs, l'acte et sa justification; de telle sorte qu'on pourrait se demander si, dans l'acte volontaire, nos sentiments et nos idées se confondent ou non avec des tendances, qu'ils représentent ou, au contraire, travestissent. Mais ce n'est qu'une manière d'interroger : seul se profile, au-delà, le thème de l'autonomie de la volonté, c'est-à-dire la question de l'indépendance fonctionnelle, de l'opposition formelle de la volonté aux désirs, comme puissance créatrice de liberté.Force de nos sentiments; force de nos idées : nous pouvons maintenant admettre que ces formules révèlent la présence réelle de la vie affective et de la vie intellectuelle dans l'activité dont nous avons à répondre par le fait même qu'elle est voulue. Mais, justement, ce qui est voulu n'est-il rien d'autre que ce qui s'impose comme produit de l'affectivité et de l'intelligence ?

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