Que faut-il penser de cette affirmation: "Nous savons que nous sommes mortels, mais nous ne le croyons pas" ?
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  • Sujet : Que faut-il penser de cette affirmation: "Nous savons que nous sommes mortels, mais nous ne le croyons pas" ?
  • Concepts : Que - faut-il - penser - de - cette - affirmation: - "Nous - savons - que - nous - sommes - mortels - mais - nous - ne - le - croyons - pas" - 15216 - Peut-on - Peut-on -
  • Extrait du corrigé :   III- La société contemporaine face à la mort.               Si l'on peut accorder quelque valeur de vérité à l'énoncé examiné nous pouvons également émettre quelques réserves, cela au regard des normes actuelles face au problème de la mort. Il semble que de nos jours les comportements sociaux témoignent d'une normativité de plus en plus attachée à nous rendre attentifs aux risques liés aux comportements morbides. En une seule année sont apparues les publicités avertissant les téléspectateurs de ne pas consommer trop de produits gras et l'interdiction de fumer dans les lieux publics, ces normes d'hygiènes s'accompagnent d'un intérêt croissant depuis quelques années pour des problèmes éthiques sur la légalisation de l'euthanasie. S'il il y a un inconscient collectif d'immortalité il apparaît de plus en plus menacé.             Or, la remarque est classique, l'impératif de prudence affiché par la pensée contemporaine à l'égard des comportements à risques, témoigne à son tour d'une conduite morbide. La préoccupation de la santé est bien souvent un symptôme pathologique, Canguilhem l'affirme avec force dans les dernières pages des Nouvelles réflexions sur le normal et le pathologique : être en bonne santé c'est être capable de tomber malade, l'homme sain est celui à même de faire l'épreuve de la maladie. La valeur de vérité de l'énoncé trouve donc des résistances, les normes de la collectivité tendent bien plutôt à convaincre l'homme de sa fragilité, lui rappelant, au travers d'exigences sociales, qu'il est un être mortel.             Sans condamner la tournure des normes sociales il faut néanmoins les interroger : la responsabilisation des comportements dont on parle n'est-elle pas parfois davantage une infantilisation ? Faire de la mort une question sociale n'est-ce pas encore se tromper sur elle en tant qu'elle est bien plutôt une épreuve singulière pour chaque individu ?

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