- Sujet : L'homme est-il naturellement humain?
- Concepts : L'homme - est-il - naturellement - humain - 10980 -
- Extrait du corrigé : Car si l'on considère de plus
près les causes pour lesquelles les hommes s'assemblent, et se plaisent
à une mutuelle société, il apparaîtra bientôt que cela n'arrive que par
accident, et non pas par une disposition nécessaire de la nature. En
effet, si les hommes s'entr'aimaient naturellement, c'est-à-dire, en
tant qu'hommes, il n'y a aucune raison pourquoi chacun n'aimerait pas
le premier venu, comme étant autant homme qu'un autre; de ce côté-là, il
n'y aurait aucune occasion d'user de choix et de préférence. je ne sais
aussi pourquoi on converserait plus volontiers avec ceux en la société
desquels on reçoit de l'honneur ou de l'utilité, qu'avec ceux qui la
rendent à quelque autre. Il en faut donc venir là, que nous ne cherchons
pas de compagnons par quelque instinct de la nature; mais bien l'honneur
et l'utilité qu'ils nous apportent; nous ne désirons des personnes avec
qui nous conversions, qu'à cause de ces deux avantages qui nous en
reviennent. On peut remarquer à quel dessein les hommes s'assemblent en
ce qu'ils font étant assemblés. Si c'est pour le commerce, l'intérêt
propre est le fondement de cette société; et ce n'est pas pour le
plaisir de la compagnie, qu'on s'assemble, mais pour l'avancement de
ses affaires particulières. S'il y a du devoir ou de la civilité en cet
assemblage, il n'y a pourtant pas de solide amitié comme vous voyez
dans le palais, où diverses personnes concourent, et qui s'entre
craignent plus qu'elles ne s'entr'aiment; d'où naissent bien
quelquefois des factions, mais d'où il ne se tire jamais de la
bienveillance. »
HOBBES, De Cive, chap. I, section I De l'état des hommes hors de la
société civile
III/ Nature de l'homme et condition humaine
Enfin, après avoir vu dans les parties précédentes que la nature de
l'homme demeurait intimement liée à sa sociabilité, nous tenterons de
montrer dans cette troisième partie que l'homme demeure libre dans ses
choix et donc dans sa volonté d'agir selon le bien ou le mal, qu'il
existe donc une part de responsabilité individuelle dans les actes que
l'on accomplit, que ce soit envers soi ou envers autrui.Néanmoins, cette liberté demeure soumise, selon Sartre, non plus à une
nature comme ce pouvait être le cas chez Rousseau ou chez Hobbes, mais
davantage à sa condition (humaine).
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